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1940 – Distinction honorifique  du lieutenant de réserve D’HOOP

Nous avons retranscrit ci dessous le plus fidèlement possible le rapport du commandant du 53è régiment de ligne décrivant dans le style inimitable des militaires les mouvements du « 53 » depuis les cantonnement de Lochristi jusqu’à Boulogne où les troupes belges, françaises et anglaises ont été encerclées et ont fini par se rendre.

Rappel historique :

Le 10 mai 1940, sept mois après la déclaration de guerre de la France et de l'Angleterre à l'Allemagne, le Führer (Hitler, le chef de l’Allemagne nazie) met fin à la «drôle de guerre» et lance ses armées sur les Pays-Bas, la Belgique et la France.

Les Belges, qui s'abritaient derrière leur neutralité, sont rapidement débordés par les divisions blindées de la Wehrmacht (armée allemande). Cette attaque est conforme aux prévisions des stratèges français, qui ont acquis la certitude qu’Hitler rééditerait le plan Schlieffen de 1914 en attaquant la France à travers la Belgique. Pour cette raison,  les commandements anglais et français envoient rapidement leurs troupes en Belgique.

Mais à leur surprise, Hitler ne s'en tient pas là. Selon le plan du général Erich von Manstein, le Führer porte son principal effort dans les Ardennes, une région montagneuse qui n'est pas protégée par les efficaces fortifications de la ligne Maginot et que le généralissime français Gamelin n'a pas cru nécessaire de défendre.

C'est ainsi que le 14 mai, trois divisions blindées du général Heinz Guderian percent le front français du côté de Sedan. Les divisions françaises qui devaient protéger cette frontière se débandent.

Négligeant Paris, les panzers allemands bifurquent vers l'ouest. Le 20 mai 1940 en soirée, ils entrent dans Abbeville (cité dans le rapport) et prennent en tenaille les armées franco-anglaises qui s'étaient imprudemment engouffrées en Belgique. Le 24 mai, les Allemands prennent Boulogne (où le 53 se rendra), encerclent Calais et ne sont plus qu'à 35 kilomètres de Dunkerque.

En Belgique, toute résistance est devenue inutile de l'avis même des chefs alliés. Le roi Léopold III, qui n'a pas voulu suivre son gouvernement à Londres, signe donc la capitulation de son armée le 27 mai, à 23 heures. La capitulation devient effective le lendemain. Le roi s'en tient à la reddition militaire et refuse l'armistice, c'est-à-dire une convention de gouvernement à gouvernement. Cela lui vaut d'être interné par les Allemands dans une forteresse. 

Note à la jeune génération :

Qui n’a pas connu ni service militaire, ni les machines à écrire mécaniques. Tous les rapports étaient fait avec une machine à écrire, outil difficile car ne permettant pas de correction (si ce n’est surcharger l’erreur par un autre caractère comme le « x » ou le « / »), n’ayant pas de correcteur orthographique, de mise en page automatique, …

Retranscription


RENSEIGNEMENTS GENERAUX RELATIFS A LA CAPTURE DU 53e 


DE LIGNE , A BOULOGNE ET AUX EVENEMENTS QUI ONT PRECEDE CETTE

CAPTURE.

Le 14 mai 1940
Le 53 quitte le cantonnement de Lochristi ( Gand) pour se rendre par chemin
de fer en France ( Midi)
Le 20 mai 1940
Le 53 arrive à Outreau ( Boulogne). Il se trouve en cette gare de formation
une dizaine de trains qui sont dans l'impossibilité de continuer leur route
le pont sur la Somme à Abbeville ayant été détruit par les Allemands ( I8
heures).
Le Commandant du 53 met de l'ordre dans la situation et donne. en l'absence
d'une autorité plus élevée, des ordres pour le cantonnement et la protection
Le 21 Mai 1940
Plusieurs escadrilles d'avions allemands survolent le cantonnement en mi-
traillant. Les unités organisent la défense extérieure Sud de la ville de
Boulogne. Des chars allemands tachent de s'infiltrer par tous les chemins.
Le Commandant du 53 cherche vainement une autorité militaire belge. Le ha-
sard me fait rencontrer un général anglais qui doit être chargé de la dé-
fense de Boulogne et demande l'appui des troupes belges,-reconnaissances
en commun. Comme l'aide de camp nous dépeint la situation comme désespéré
je suggère au général l'idée de nous embarquer avec nos troupes en cas ou
il gagnerait les côtes anglaises-"Absolutely excluted" et fixation d'un
rendez-voue pour le lendemain. Le lendemain le général n'est pas au rendez.
vous. Les troupes anglaises ont quitté les lieux -nous ne voyons plus de
bateaux au port.
Le 22 Mai 1940
Continuation de l'organisation de la défende extérieure de la ville en
accord avec le commandant militaire français de la citadelle.
Des troupes motor1sees allemandes appuyées par de l’artillerie attaquent.
Nos troupes résistent au mieux. Certaines petites unités sont capturées
ainsi que la majeure partie du 63. Les Mi du 53 abattent un avion ennemi.
Décision à 22h.30 de gagner la ville de Boulogne. Retraite pénible sans
incidents à travers le tunnel.
Le 23 mai 1940
Nous gagnons vers 2h. les aborde de la citadelle ou les forces françaises
se sont enfermées.
Le Commandant du 53 se dirige vers l'entrée de la citadelle afin de prendr
contact avec le comandant d'armes. Il est arrêté par les sommations d’
usage et après avoir décliné ses qualités il lui est ordonné sous la menac
de Mi. qui ostensiblement sont chargées de faire immédiatement "demi-tour"
Une seconde tentative en compagnie d'un officier de gendarmerie français
subit le même sort.
Nous sommes abandonnée à notre sort, cependant que nos troupes disposées
au mieux sont soumises à un bombardement intense de l'artillerie -nous
comptons un tué ( Lieut. de réserve Meheus F.) un officier de réserve bles
sé ( Lieut. de réserve Capelle), plusieurs soldats tués et blessés dont
malheureusement nous ne possédons plus les noms.
Organisation sommaire, en attendant le jour, de la défense rapprochée Sud
de la ville et du cantonnement pour toutes troupes belges encadrées ou
non qui se sont affluées dans Boulogne.
A l'aube, les tanks allemands sillonnent les rues de la ville. Bombardemen
assez intense. Organisation du cantonnement, de la défenze rapprochée, du
ravitaillement et du serv. de santé.
Le 24 mai 1940
Achèvement de l’organisation des différents rervices. J'envoie mon adjudan
major, accompagné d'un officier pour tâcher d'enter en relations avec le
commandant d’armes. Refus catégorique.
Le bombardement est assez intense. Les chars allemands se montrent de
tous côtés et sont agressifs. Nous comptons plusieurs morts et de nom-
breux blessés. Un très bon poste de secours est établi à l'orphelinat
des Sabines.
Les troupes de la citadelle se rendent aux allemands vers 8h.. A partir
de lOh. nos troupes sont capturées les unes après les autres.

CONSIDERATI0NS GENERALES
-----------------------------

Les troupes belges qui ont participé aux évènements de Boulogne entr
le 10 et le 25 mai 1940. étaient des un1tés de renfort et d'instruction,
non outillées pour la bataille. et qui s'acheminaient vers le Midi de la
France
Les évènements de Boulogne ont péniblement affecté nos troupes, non
seulement par les attaques répétées de toute nature contrelesquelles nou
n'étions pas prémunis, mais aussi par le tragique des évènements, l’ab-
sence de toute autorité prévue pouvant renseigner, coordonner ou ordonne
l'absence de tout renseignement, les grandes difficultés deravitaillemen
de toute nature et d'organisation du service de santé ( nos unités du
53 ne comprenaient ni médecin, ni aumônier), les grandes difficultés de
maintenir l’ordre au sein de beaucoup de groupes de soldats de toute
nature appartenant à des unités disloquées et dépourvues de chef respon-
sable.
Les éléments affluant dans Boulogne étaient pourchassés par l' ennemi sans
logement ni ravitaillement. En un moment de désarroi compréhensible
il convenait de regrouper et d'organiser ces éléments. Nos officiers ont
eu ces circonstances !ait montré de grandes qualités d’énergie, de mé-
pris du danger et de forte endurance.
Je tiens à rendre hommage à cette occasion à mon noyau d'officiers
qui en des moments de très grandes difficultée ont été pour moi d’un
grand appui et d’un réconfort moral très appréciable.
Grand invalide de guerre ‘I4-4I8 et engagé volontaire à destination
des services auxiliaires en 1940, je n'aurais pu, sans ce dévouement,
remplir la tâche que les circonstances m'ont imposée. Je signale en pas-
sant -que le jour de notre capture, j'étais totalement épuisé. Dans la
colonne de prisonniers, menacé d'être assommé par le soldat allemand d’
exoorte. parce que je ne pouvais courrier je dois ma vie à l'interven-
tion rapide et énergique de 2 officiers de mon E.M. qui m' encadraient.
Aussi je me permets en signaler certains faits, de faire à l'autorité
supérieure les propositions suivantes pour distinctions honorifiques ou
citations :
I. Pour distinctions honorifiques.
I° Capitaine-Commandant de réserve de Halleux, du 63.
Pendant toute la durée des évènements de Boulogne entre le 20 et le 25
mai 1940, a fait constamment preuve de grandes qualités de dévouement,
de courage, de mépris du danger et de conducteur d'hommes.
A notamment par son sangfroid fait reculer un tank allemand qui attaqua
son unité cantonnée dans une rue de Boulogne et sauvé ainsi beaucoup de
vies humaines ( à titre posthume).
2° Lieutenant de réserve MEHEUS du 53.
Exerçant dans la vie civile les fonctions de pharmacien a tenu à servir
au cours dela guerre I940 dans lesrangs de l'Infanterie.
Officier de grand allant et de moral très élevé, n'a épargné aucune
peine pour se rendre utile par ses connaissances de médecine, en toutes
circonstances au sein de son unité, dépourvue de médecin. A été tué à
la tête de son unité, par bombardement, le 23 mai I940 près de la cita-
delle de Boulogne ( à titre posthume).
3° Lieutenant de réserve CAPELLE du 53.
OfficIer soucieux de l'accomplissement de ses devoirs en toutes corcon-
stances; brave et énergique. A été blessé à la tête de son unité par
éclat d’obus, le 23 mai I94O près dela citadelle de Boulogne.
4° Capitaine-commandant FARASYN du 53.
Commandant un bataillon pendant les évènements de Boulogne du 20 mai au
25 mai I940, a constamment fait preuve de très grandes qualités d'orga-
nisation et de mépris du danger.
A notamment avec succès complet et au milieu de plus grandes dif-
Ficultés : I/ Effectué des reconnaissances envue de la défense extérieure de
la ville de Boulogne.
2/ Organisé la sureté de la retraite sur la ville. A participé
avec un dévouement inlassable à l’organisation du cantonnement et de la
défense intérieure de la ville de Boulogne dans les circonstances parti-
culièrement tragiques de danger et de désarroi.
5° Capitaine-Commandant VAN DAMME, Théo du 53.
Au cours des évènements de Boulogne du 10 au 25 mai 1940 a toujours fait
preuve de grand empressement dans l’accomplissement de ses fonctions d’
adjudant major du régiment. Le 24 Mai I940. pendant que les tanks enne-
mis circulaiement dans les rues de Boulogne, a essayé en plein jour au
mépris très grand du danger, à entrer en liaison avec les autorités fran-
çaises .
6° Lieutenant de réserve D'HOOP, du 53.
Officier de réserve de valeur et d’un moral très élevé, a coopéré avec
grand succès à l'organisation de la sûreté dans les circonstances parti-
culièrement difficiles de la marche en retraite vers la ville. Le 24 mai
1940 pendant que les tanks ennemis circulaient dans lesrues de Boulogne
a essayé en plein jour au mépris très grand du danger, à entrer en liai-
son avec les autorités françaises.

II. Citations.
I° Lieutenant médeoin TIERLINCK S.M.E/D.R.E.A.
Pour le dévoument dont il a fait preuve durant les journées tragiques du
24 et 25 mai I940 en portant ses soins ininterrompus aux blessés.
2° Lieutenant médecin LEVECQ S.E.I\I./D.R.E.A.
3° Lieutenant médecin COLLET C.I.S.S.
4° Lieutenant médecin DELGOFFE H.M. de Gand
5° Lieutenant médecin DECOSSE TEllli1TORI~\LE
6° Sous-Lieut. Médecin BROUEZ 3/12 A.
7° Sous-Lieut. Médecin EVERAETS SMM.E./D.R.E.A.
8° Sous-Lieut. Médecin CROQUET H.M. de Gand
9° Sergeant DUPONT C.S.L.R.
10° Caporal DEGJ.LRD .Liège .